Extrait

La nuit avait plongé la ville d’Albi dans une obscurité poisseuse peu propice aux soirées nocturnes, les luminaires des fêtes de Noël tentaient d’égayer la place de la cathédrale Sainte Cécile, sa forme massive se jetait à l’assaut d’un ciel bas d’hiver, sa tour qui culminait à 78 mètres se perdait dans la brume qu’elle devait partager avec la tour de Londres. La dépression hivernale coiffait l’Europe et ce même état dépressionnaire peuplait les nuits de Cécile.

Julie, sa meilleure amie, avait beau lui dire de sortir et que son âme sœur ne se mettrait pas à déambuler dans son salon, et encore moins dans son lit, si elle ne se bougeait pas le cul.

S’appeler Cécile à Albi, c’est tout de même étrange. Malgré tout, elle était à l’abri des sobriquets, car les gens étaient de moins en moins cultivés. Alors, une Cécile qui évangélisait les Romains et sur qui ils s’étaient acharnés, essayant de lui couper la tête à la hache, ne lui faisait ni bien ni mal. Sa vie sentimentale ressemblait à un encéphalogramme plat, mortellement plat, et c’est pour cela qu’elle allait, sans le dire à personne, mettre un cierge à Sainte Cécile, son homologue célèbre, pour qu’elle intercède auprès de je ne sais qui afin qu’elle rencontre l’homme de sa vie.Voici une version corrigée de votre texte :

Ce soir-là, Julie l’avait obligée à sortir, d’abord parce qu’on était vendredi, mais surtout parce qu’elle ne travaillait pas le lendemain. Le plan était le suivant : Julie avec Hervé, puis Laure avec Julien, et enfin elle-même, avec tout ce beau monde au 14.80 à 21 h.

Cécile était étudiante en art dramatique à l’université Champollion, en dernière année. Elle avait peu d’amis et ils étaient tous plus âgés qu’elle. Comme elle était très jolie, elle avait eu plusieurs aventures, plusieurs amourettes avec des étudiants, mais elle s’était vite lassée. Elle n’avait qu’une hâte, c’était d’entrer de plain-pied dans la vie active. Le milieu étudiant avait deux caractéristiques : la jeunesse et les problèmes d’étudiants. Bien sûr, elle était étudiante, mais elle se sentait en parfait décalage avec ce milieu, et elle ne voulait plus y construire le moindre rudiment d’histoire sentimentale. Ce soir, elle sortirait avec des trentenaires ; elle était la benjamine du groupe. Un soir, elle avait voulu s’essayer avec un homme, un vrai, mais il s’était avéré qu’il était marié.

Sa copine Julie avait raison, elle devait sortir de son milieu si elle voulait rencontrer quelqu’un. Le 14.80 mixait toutes les générations, et s’y retrouver avec ses amis ne lui faisait pas peur.

Alors oui, elle ira avec eux, et cette soirée sera mémorable.

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