Quatre de mes romans sont disponibles en librairie, les autres suivront.
Vous pouvez les commander dans plus de 5 000 librairies françaises via le réseau Dilicom – Electre, et cela inclut des enseignes comme la Fnac, Cultura, Decitre, Chapitre, Furet du Nord, Gibert Joseph, ou encore les espaces culturels Leclerc.
Mes livres restent accessibles sur Amazon, mais aussi sur TheBookEdition, première plateforme française d’autoédition.
Vous pouvez, si vous le souhaitez, vous affranchir du circuit de la multinationale américaine.
La fiction du roman se rapproche tous les jours un peu plus de la réalité
Le reportage de TF1INFO qui parle d’une école à Puzzoles m’a frappé : il ressemble étrangement à ce que j’ai imaginé dans mon roman VISIONS. Je ne sais pas si, dans la réalité, Lucas et Gina seront là pour nous aider, mais voir la frontière entre ma fiction et les faits se rejoindre donne des frissons.
Anno Zero Scuola était une école à proximité des champs Phlégréens, à moins de dix kilomètres à vol d’oiseau de ce monstre et de ses émanations. J’arrivais enfin à l’école primaire Anno Zero Scuola. Pour s’y rendre, j’avais longé les champs et les cratères Solfatara et le Monte Nuovo. Je mis un certain temps car on longe mais on ne traverse pas les champs. Il y a des accès touristiques pour les voir glouglouter et vaporiser, mais ce sont des culs de sac. Le chemin, lui, me parut horriblement long. J’avais comme à mon habitude loué un 4×4, avec les bateaux, c’était mon péché mignon. J’avais trouvé un Toyota Tundra, quand j’ai vu l’engin, j’ai craqué. Le loueur m’a dit qu’avec un véhicule pareil, je pourrai aller sur les pistes du Vésuve, mais que pour la ville, elle n’était pas très pratique. Pour le Vésuve, elle m’allait bien. Je garais mon monstre simplement, car l’école se trouvait dans une zone où les constructions humaines semblaient clairsemées. Il n’y avait pas une grosse densité d’habitation. Avant de pénétrer dans l’école, je regardai ma montre, les aiguilles s’approchaient de midi. Il y avait beaucoup d’agitation entre les élèves qui ne restaient pas manger à la cantine et ceux qui étaient attendus par leurs parents. Tout le monde avait beaucoup à faire et ce qu’il n’avait pas prévu de faire, était de parler avec un fou. Je finis par repérer le responsable de l’école qui était une directrice. Je l’interpellai en ces termes : « Madame, il faut que je vous voie, c’est une question de vie ou de mort. » Je n’avais pas trouvé mieux à dire. Elle me regarda avec des yeux tout ronds, prise entre deux états d’âme : faire son travail de directrice d’école à la sortie de midi et écouter un inconnu. J’insistai : « Il va y avoir un drame, il faut que vous m’écoutiez. » La directrice appela son professeur de gym, un gaillard aux cheveux coupés très court et à allure militaire qui arriva très rapidement et suspicieusement. Nous nous rendîmes tous les trois dans son bureau. – Je m’appelle Madame Rossi, je suis la directrice. Qui êtes-vous et que voulez-vous ? dit-elle sèchement, rassurée par la présence virile de son professeur. – Je m’appelle Luca Lefevre, vous allez avoir du mal à me croire, Madame Rossi, mais il faut évacuer votre école, les enfants sont en danger. – Monsieur, comment pouvez-vous dire une chose pareille ? – J’étais tranquillement en France, je m’apprêtais à partir en vacances en Algarve au Portugal quand mes rêves m’ont harcelé et m’ont obligé à venir d’urgence à Naples, pour y sauver des vies. – Eh bien, et mon école est concernée par vos rêves ? – Là-bas en France, je n’ai pas rêvé de votre école, mais j’ai tout laissé tomber pour venir en Italie, et c’est la nuit dernière que j’ai rêvé de votre école. Ma vie ne m’appartient plus, des sensations, des rêves me disent ce qu’il faut faire et vous, vous n’avez qu’une seule chose à faire. Vous avez juste à me croire et à appuyer sur l’alarme incendie pour faire évacuer l’école et mettre les élèves dans la cour. La directrice demanda un instant et quitta la pièce. Luca resta avec l’armoire à glace. Quand elle revint, elle lui dit : – Mais en fait, vous êtes complètement fou. – Je ne suis pas fou, il faut me croire. – Pourquoi parlez-vous Italien, c’est quoi votre accent ? – Je suis binational, j’ai la nationalité française et italienne. Après un silence. – Où voyez-vous un danger, Monsieur Luca, et de quel danger parlez-vous ? – Je ne sais pas, cela a un rapport avec les volcans et la couleur jaune, celle du soufre. – Et vous voulez que j’évacue mon école et pour combien de temps ? – Je ne sais pas, Mme Rossi. – Et quand le danger va-t-il se produire ? – Je ne sais pas. – Mise à part « non lo so », que savez-vous dire d’autre ? – « Niente », je n’ai pas la réponse à ces questions, je suis désolé, mais il faut me croire. Ne me forcez pas à hurler et à faire un tintamarre du diable. – Sortez de mon établissement, hurla-t-elle. – Non, pas tant que vous n’aurez pas évacué les enfants, je ne partirai pas. La situation n’eut pas l’occasion de s’envenimer, deux policiers de la police municipale qui avaient été appelés par la directrice se jetèrent sur moi, me menottèrent et m’embarquèrent sous les yeux médusés des parents. La voiture de police aux vitres grillagées s’éloigna de l’école, j’avais échoué.
Je tournais en rond dans ma cellule comme si on pouvait tourner en rond dans une pièce de deux mètres sur trois. J’avais fait 1200 kilomètres pour sauver des vies et me retrouver dans une cellule d’un commissariat italien, tout ça pour obéir aux injonctions de mes rêves, une situation complètement débile. Tandis que je broyais désespérément du noir, un policier italien fit cliqueter la serrure, il ouvrit la porte et ne me mit pas les menottes. Son air était grave, mais rien d’étonnant pour un policier. Il me demanda presque gentiment de le suivre. Nous grimpâmes deux escaliers pour nous rendre dans une salle qui n’était pas une salle d’interrogatoire, mais plutôt une salle de débriefing du commissariat. J’en fus extrêmement surpris, et ce qui me surprit encore plus fut la présence de Madame Rossi dans cette assemblée composée d’une demi-douzaine de personnes. Les gens étaient assis autour d’une table, et une chaise vide m’attendait. Un homme me fit signe de m’y asseoir. – Monsieur Luca Lefevre. – Luca, c’est plus simple pour un Italien. – Comment avez-vous su ? La question m’interpella, de quoi parlait-il ? Je lui fis part de mon étonnement. – Monsieur Lucas, après votre départ, une cantinière est venue voir Madame Rossi pour lui signaler une odeur désagréable dans les cuisines, et les employés de restauration commençaient tous à tousser, il y en a même qui ont vomi. Madame Rossi s’est rendue dans les cuisines et elle-même a eu une gêne respiratoire. Elle a fait le lien avec votre venue. Elle a enclenché immédiatement l’alerte incendie. L’ensemble du personnel est rodé pour cet exercice, et l’école a été évacuée dans le bon ordre. Les pompiers sont arrivés très rapidement et ils ont constaté des émanations extrêmement nocives et dangereuses. Elles provenaient du réfectoire, une fissure dans le sol, le carrelage était disjoint sur une distance de plus de trois mètres. Le gaz était d’origine volcanique, avec des émanations à base de dioxyde de soufre et de dioxyde de carbone. Puis il y a eu l’explosion, vous l’avez entendue ? – Oui, j’ai effectivement entendu une explosion. Mais dans une prison, je n’y ai pas prêté attention, ma vie était déjà en train d’exploser. – Et nous en sommes désolés. L’explosion provenait du cratère Solfatara, elle a été provoquée par une forte pression de gaz. La croûte a cédé et a libéré des dizaines de mètres cubes de gaz par seconde. Au niveau de l’école, le flux de gaz s’est tari. Sans votre intervention, il y aurait pu y avoir des décès d’enfants. L’information me prit de court. Je n’avais donc pas échoué, mais je n’étais qu’au premier jour. Je ne pus rien répondre, ma bouche était asséchée. – Je ne me suis pas présenté, je m’appelle Marco Bianco, je suis responsable et chercheur à L’INGV, « l’Istituto Nazionale di Geofisica e Vulcanologia » et je suis le référent pour les activités sismiques qui concernent le Vésuve et les Champs Phlégréens, et j’aimerais vous parler.
Visions: When the Earth Speaks to Us will take you to the very gates of hell—one of our own making. Will humanity be able to recognize the imminent danger bearing down upon it?
A gripping dystopian novel where Earth rises against humanity. What if the planet decided to put an end to human excess? When the Earth finally speaks, it may already be too late… This novel, deeply rooted in current events and becoming more relevant by the day, explores humanity’s destructive path in its relationship with nature. After all, we invented Overshoot Day, the ominous date when we start living « on credit, » depleting the planet’s resources for the rest of the year.
The world is on the brink: blinded by its relentless pursuit of progress, humanity has ignored every warning sign. But this time, nature won’t just warn—it will act. The Earth will unleash its full power: earthquakes, volcanic eruptions, and climatic upheavals… This is the day the planet strikes back.
Is all hope lost? Luca, unknowingly connected to the Earth, may hold the key. Alongside Gina, he becomes its messenger, delivering a final warning.
A thought-provoking speculative novel, blending science and fiction to explore a terrifying reality. A pulse-pounding adventure that examines humanity’s reckless path against nature. A striking ecological thriller that forces us to question our future.
This novel is an autofiction that delves into the inevitable: death. It is there, omnipresent, and we will encounter it throughout our lives, whether we accept it or not. No one escapes it, so we might as well prepare for it.
A writer cannot speak of death without knowing it, without confronting it, without engaging with it body and soul. It is a lived or impending experience, a passage that touches every human being.
Hello, Death will not leave you indifferent. This novel speaks of you—your past, your future. Its central character moves forward through encounters with death, slice of life after slice of life, decade after decade, until the very end of the journey.
You will see yourself, you will discover yourself. Because this journey is universal—it belongs to each of us, a shared experience of humanity.
This short story is taken from the collection A Different Way to Approach the Strange. It offers a modern, futuristic, and ecological take on Jean de La Fontaine’s fable, The Lion and the Rat.
I was a teenager when this story first took root in my mind, but at the time, I had not yet started writing.
Many years later, I finally put it into words, and this short story became my first published work.
Today, I have chosen it for a reading exercise in both French and English: one page in French, mirrored by the same text translated into English.
Un thriller écologique percutant où la Terre, lassée des excès humains, décide de riposter. Tremblements de terre, éruptions volcaniques, bouleversements climatiques… la planète passe à l’action. Luca, en connexion avec elle, devient son messager, porteur d’un ultime avertissement. Entre science et fiction, ce roman d’anticipation haletant explore la dérive de l’humanité face à la nature et interroge notre avenir.
Un thriller dystopique captivant où l’humanité, déchue de sa suprématie, devient une proie. Dans un monde postapocalyptique où la nature a repris ses droits, Marc, seul survivant, doit repousser ses limites pour affronter une menace incontrôlable. Entre suspense, instinct de survie et remise en question des hiérarchies, ce roman haletant interroge notre place dans l’ordre du vivant.
Une autofiction intime et universelle qui explore l’inévitable : la mort. Omniprésente, elle accompagne chaque instant de notre existence. À travers le parcours d’un personnage confronté à cette réalité, Coucou la mort interroge notre rapport au temps, à la vie et à notre propre destinée. Un récit profond et introspectif qui résonne en chacun de nous.
Une rencontre à Albi est un roman né d’un cadavre exquis littéraire, écrit à quatre mains par un poète et un romancier. Ce roman est l’histoire d’une rivalité féroce entre deux hommes, bouleversée par deux rencontres amoureuses. Seule certitude : l’intrigue se déroule à Albi, ville commune aux deux auteurs. Un récit imprévisible et surprenant, reflet d’une collaboration littéraire atypique. Il est en cours de scénarisation..
Le temps est un thème traité par d’Albert Einstein, il dit qu’il n’est qu’une illusion, une création mentale de l’homme, il n’est pas absolu mais relatif, et si on l’associe à la vitesse de la lumière, notre temps ralenti vis-à-vis de celui qui est immobile, celui qui nous regarde, il vieillira plus vite et à notre retour, il sera mort.
C’est compliqué et cela n’impacte pas directement notre vie de tous les jours.
Quand Haruki Murakami écrit dans la cité aux murs incertains (de mémoire) : « le temps ne recule jamais, il avance minute après minute mais il ne fait jamais machine arrière.«
Là je me sens concerné, dans l’un de mes romans je fais état du train qui va partir, « notre choix est de monter ou de ne pas monter dedans, lui ne nous attendra pas« . Cela nous arrive plusieurs fois dans notre vie, elle ne recule pas, elle avance, et c’est à nous de lui indiquer le chemin qu’elle doit emprunter.
Elle est peut-être là la différence de point vue entre la science et la littérature.
Si l’on compte un poète parmi ses amis et que l’on est écrivain, il ne faut pas s’étonner d’être entraîné dans des aventures littéraires. « Je te donne quelques vers, à toi de continuer », m’a-t-il dit.
El m’a donné un quatrain et cela a donné un dimanche de poésie.
À l’encre de l’Aube.
À l’heure où j’écris, les oiseaux sont silencieux, Le coq ne chante pas. Le chat rôde encore, Seul mon crayon glisse sur le papier rugueux Noircissant des pages bien avant l’aurore.
La blancheur du papier reflète la lumière Qui inonde la pièce et affermit mon cœur, Il faisait nuit, l’encre a séché sur ma prière, Elle est pour toi, empreinte de ma ferveur.
Chaque mot est un pas et le chemin sera long, Je le ferai avec toi, je ferai des bonds. Je veux t’offrir la joie comme territoire.
Tu es et tu seras ma bienveillante passion. Je suis sans aucune illusion et plein d’espoir. Tu liras mes pensées, je serai là ce soir.
J’ai demandé à l’intelligence artificielle de créer une image pour chaque quatrain et une autre pour chaque tercet.
« Un chat végétarien jouant avec une souris de manière inquiétante ». C’est le prompt que j’ai donné à ChatGPT, une intelligence artificielle américaine en version abonnement, et à Le Chat, une IA française de Mistral en version gratuite.
Il y a des alternatives aux Etats-Unis d’Amérique.
Une nouvelle contributrice sur ce thème de chat végétarien.
Vous pouvez jouer également, n’hésitez pas à écrire votre version, je la partagerai comme je le fais aujourd’hui. Haruki Murakami raconte l’histoire d’une souris qui rencontre un chat végétarien et nous rebondissons sur le sujet.
Cachée au fond d’un trou derrière une plinthe de la cuisine, cela faisait longtemps que la petite souris regardait cet étrange chat. Il venait régulièrement grignoter dans sa gamelle ce que sa maîtresse lui donnait de ses restes de repas. La maîtresse était végétarienne, donc le chat semblait l’être aussi. Très étrangement, il semblait trouver cela à son goût se léchant les babines de son festin de carottes râpées et de céleri rémoulade. N’y tenant plus, la petite souris finit par sortir de sa cachette et précautionneusement vint se poster à distance respectueuse du chat et posa la question qu’elle avait sur les lèvres : – Manges-tu des souris en dehors de la cuisine ? ou des oiseaux ? Le chat la regarda, tout d’abord étonné puis amusé. C’était bien la première fois qu’une souris se risquait à venir le voir. Il répondit : – Non, je n’ai pas l’estomac pour cela, ma maîtresse m’a nourri de légumes et de fruits depuis que je suis sevré, je suis végétarien ! oui, complètement végétarien ! – Tu ne me feras pas de mal si je m’approche de toi » demanda la souris. – Je m’ennuie, mes copines tremblent au fond de leur trou et moi j’ai envie de sortir ! » – Mais non, je ne te ferai pas de mal et moi aussi je m’ennuie. Les autres chats ne m’aiment pas : je suis différent. Si nous jouions ensemble ! Mais tu as des petites pattes et tu cours moins vite que moi, monte sur mon dos. Je vais te faire découvrir le monde ! La petite souris s’enhardit et grimpa sur le dos de ce si gentil chat. Ce drôle d’équipage partit tranquillement sur les trottoirs de la ville sous les regards des passants et des autres chats. La petite souris était toute fière : elle aurait tellement à raconter à ses copines. C’était bien la première fois qu’elle voyait les paysages de si haut. Vraiment de très haut… très, très haut…. Mais que se passait-il ? Le gentil chat, de petits bons en petits bons, s’était retrouvé sur le toit de la maison voisine dont l’occupant, un gros chat orange avec une oreille à moitié arrachée ne l’entendait pas de cette manière. Profitant d’une fenêtre entrebâillée, il se retrouva sur le même toit, tout hérissé, face à nos deux amis. Voyant que cela allait tourné vinaigre, la petite souris sauta du dos de son chat sur les tuiles glacées par le froid de la nuit précédente. Elle se mit à glisser ne trouvant rien lui permettant de se retenir et finit par tomber sur la terrasse en dessous d’elle. Les deux chats regardèrent cette chute, l’un, attristé, et l’autre ricanant. Elle voyait les deux têtes de chat, 6 mètres au-dessus d’elle. Elle savait qu’elle allait mourir. Non, sans regret, elle se dit qu’elle aurait pu réfléchir à la préparation de cette aventure. Il n’y avait pas d’urgence. Mais elle se dit aussi qu’elle était une pionnière et qu’il n’y avait dans la vie aucune avancée sans risque. Ses yeux se fixèrent à ceux de son chat. Dans une dernière respiration, elle rêva de ses copines racontant à leurs enfants « Les aventures de Sophie la souris qui mourut à dos de chat » et mourut heureuse de cette notoriété posthume.
Version d’Alain, Allmendinger
Dans un vieux grenier rempli de poussière et d’histoires oubliées, vit une petite souris grise. Elle est vive, maligne, mais surtout très prudente. Chaque soir, elle sort de sa cachette pour grignoter quelques miettes de pain sec ou une carotte oubliée. Mais ce soir-là, alors qu’elle court le long d’une poutre, elle glisse sur des épluchures de pomme de terre et tombe droit devant… une paire d’yeux verts scintillants. Un chat! Un immense chat roux, aux moustaches frémissantes et à la queue battante. Elle ferme les yeux, certaine que sa dernière heure est arrivée. Mais au lieu de crocs acérés, c’est une voix douce qui s’élève. -Oh, tu n’as rien ? Désolé, je ne voulais pas te faire peur. La petite souris ouvre un œil, puis l’autre. Le chat n’a pas l’air féroce du tout. – Tu… tu vas me manger? bredouille la souris. – Oh non, je suis un chat végétarien. Je ne mange ni viande ni souris, je me contente de quelques légumes. Pendant une semaine, ils sont presque amis. Mais une nuit, la petite souris sent un souffle chaud dans son dos. Le chat est là, proche. Ses yeux brillent d’un autre éclat. Il veut jouer. Elle court, et il la poursuit, tranquille, savourant chaque seconde de cette danse. Espiègle, il l’entraîne sur son terrain de jeu. Le piège se referme. Acculée, elle glisse sur une longue planche inclinée, ou salades, et épluchures sont savamment disposées. Prenant de la vitesse, le chat essaye de la rattraper avec sa patte. Ne sentant pas sa force, ni la fragilité de la petite souris, il amplifie sa chute dans un geste trop brusque. C’est la tête de la souris qui heurte en premier l’angle de la poutre. Un violent craquement se fait entendre. Dans un dernier souffle, elle lui dit : – Je vais mourir. Tu m’as tué. Je n’aurais pas dû te faire confiance. – Mais je voulais juste jouer un peu, je suis un chat et je me suis laissé emporter. Je vais quand même te ramener à mon frère, c’est son anniversaire. Tout n’est pas perdu, tu seras son cadeau. Rencontrer un chat végétarien n’a jamais été une chance. Juste une lente malédiction.
Version de Bruno Le Guen
Une nuit une souris entre dans une cuisine. À cette heure, elle pense qu’elle ne risque rien. Elle se dirige vers le garde-manger. Elle y distingue la masse sombre de deux paniers, et de l’un deux, dépassent des fanes de carottes. Elle se précipite vers les paniers quand tout à coup, l’un des paniers se rue sur elle et la plaque au sol avec une patte toute griffue. Elle se dit que mourir tuée par un panier de légumes serait une bien triste de mort. Le panier lui chuchota quelque chose à l’oreille. La masse sombre n’était qu’un chat, mais pas n’importe quel chat : un chat végétarien, et c’est pour les carottes qu’il était là. – Tu es un chat végétarien, s’exclama-t-elle, alors je ne risque rien. – Je ne mange pas de viande, juste des légumes. – Alors je suis sauvée ! – En principe. – Mais pourquoi, en principe ? – Je n’ai pas fait mon coming-out, et tu sais, être un chat végétarien est très dur à vivre. Dans le monde des félins, on n’aime trop ceux qui ne font pas comme les autres. Et si en plus, vous les souris, vous veniez à en parler. Je suis vraiment désolé, cela doit rester entre nous. Je ne vais te manger, je vais te tuer. Le chat joignant la griffe à la parole égorgea la petite souris.
Version originale page 115 et 116 1Q84 Livre 2 Haruki Murakami
N’hésitez pas à écrire votre version, je la partagerai sur mon blog d’écrivain comme je le fais aujourd’hui.
Haruki Murakami raconte l’histoire d’une souris qui rencontre un chat végétarien, je me suis essayé au même exercice et nous avons reçu une nouvelle contribution sur ce thème que vous pouvez lire ci-dessous:
Dans un vieux grenier rempli de poussière et d’histoires oubliées, vit une petite souris grise. Elle est vive, maligne, mais surtout très prudente. Chaque soir, elle sort de sa cachette pour grignoter quelques miettes de pain sec ou une carotte oubliée. Mais ce soir-là, alors qu’elle court le long d’une poutre, elle glisse sur des épluchures de pomme de terre et tombe droit devant… une paire d’yeux verts scintillants. Un chat! Un immense chat roux, aux moustaches frémissantes et à la queue battante. Elle ferme les yeux, certaine que sa dernière heure est arrivée. Mais au lieu de crocs acérés, c’est une voix douce qui s’élève. -Oh, tu n’as rien ? Désolé, je ne voulais pas te faire peur. La petite souris ouvre un œil, puis l’autre. Le chat n’a pas l’air féroce du tout. – Tu… tu vas me manger? bredouille la souris. – Oh non, je suis un chat végétarien. Je ne mange ni viande ni souris, je me contente de quelques légumes. Pendant une semaine, ils sont presque amis. Mais une nuit, la petite souris sent un souffle chaud dans son dos. Le chat est là, proche. Ses yeux brillent d’un autre éclat. Il veut jouer. Elle court, et il la poursuit, tranquille, savourant chaque seconde de cette danse. Espiègle, il l’entraîne sur son terrain de jeu. Le piège se referme. Acculée, elle glisse sur une longue planche inclinée, ou salades, et épluchures sont savamment disposées. Prenant de la vitesse, le chat essaye de la rattraper avec sa patte. Ne sentant pas sa force, ni la fragilité de la petite souris, il amplifie sa chute dans un geste trop brusque. C’est la tête de la souris qui heurte en premier l’angle de la poutre. Un violent craquement se fait entendre. Dans un dernier souffle, elle lui dit : – Je vais mourir. Tu m’as tué. Je n’aurais pas dû te faire confiance. – Mais je voulais juste jouer un peu, je suis un chat et je me suis laissé emporter. Je vais quand même te ramener à mon frère, c’est son anniversaire. Tout n’est pas perdu, tu seras son cadeau. Rencontrer un chat végétarien n’a jamais été une chance. Juste une lente malédiction.
Version Bruno Le Guen
Une nuit une souris entre dans une cuisine. À cette heure, elle pense qu’elle ne risque rien. Elle se dirige vers le garde-manger. Elle y distingue la masse sombre de deux paniers, et de l’un deux, dépassent des fanes de carottes. Elle se précipite vers les paniers quand tout à coup, l’un des paniers se rue sur elle et la plaque au sol avec une patte toute griffue. Elle se dit que mourir tuée par un panier de légumes serait une bien triste de mort. Le panier lui chuchota quelque chose à l’oreille. La masse sombre n’était qu’un chat, mais pas n’importe quel chat : un chat végétarien, et c’est pour les carottes qu’il était là. – Tu es un chat végétarien, s’exclama-t-elle, alors je ne risque rien. – Je ne mange pas de viande, juste des légumes. – Alors je suis sauvée ! – En principe. – Mais pourquoi, en principe ? – Je n’ai pas fait mon coming-out, et tu sais, être un chat végétarien est très dur à vivre. Dans le monde des félins, on n’aime trop ceux qui ne font pas comme les autres. Et si en plus, vous les souris, vous veniez à en parler. Je suis vraiment désolé, cela doit rester entre nous. Je ne vais te manger, je vais te tuer. Le chat joignant la griffe à la parole égorgea la petite souris.
Version originale page 115 et 116 1Q84 Livre 2 Haruki Murakami
Je m’étais dit que je n’allais pas prendre le Livre 3, car finir déjà les 525 pages du Livre 2 serait amplement suffisant ; maintenant, je le regrette. J’aurais bien aimé poursuivre cette aventure, mais comme l’impatience n’est pas une urgence, je vais patienter.
Mon esprit s’est arrêté sur ce que j’appelle une pépite : des choses simples, efficaces, cinématographiques. Je m’attache beaucoup à cela dans mes romans ; je trouve que c’est essentiel. Et Murakami, lui, est un maître en la matière.
Aujourd’hui, je n’écris pas, ou du moins, pas de romans, mais le scénario d’une rencontre à Albi. Cela me prendra une bonne partie de l’année 2025 avant que je ne me mette à écrire Les Élus.
49. EXT. PARC ROCHEGUDE – SOIR
Cécile est assise seule sur un banc. Son visage trahit une légère tristesse. Dans un cône d’ombre, sous un lampadaire, une silhouette s’avance lentement vers elle.
ANDREA
(doucement, presque un murmure)
Bonsoir.
Cécile se retourne brusquement. Andréa est en contre-jour, elle le reconnaît. Le visage de Cécile s’éclaire.
CÉCILE
(comme dans un souffle)
Andréa…
ANDREA
Oui, Cécile. Je suis content de te revoir. Il faut qu’on parle.
CÉCILE
(toujours assise sur son banc, Cécile regarde droit devant elle en esquissant un sourire)
C’est étrange… J’ai des images floues d’une soirée agréable mais rien de bien précis. Comme si tout m’échappait dès que j’essayais de m’en souvenir.
ANDREA
Moi, je me souviens de tout. Quelqu’un t’a droguée, j’en suis sûr.
CÉCILE
(sous le choc)
Droguée ? Pourquoi ? Par qui ? Donc… je n’ai jamais été ivre à oublier ?
ANDREA
Non. Je te le confirme.
Pause.
ANDREA
Vendredi dernier, tu m’as encore fait le coup de la chaise vide. Je n’y ai pas cru et j’ai couru après toi. Je t’ai retrouvée titubante, au bras d’un homme.
Andréa marqua une pause. Cécile fronce les sourcils, incrédule.
ANDREA
Je vous ai suivis jusqu’à ton immeuble, rue Tendat. Il t’a déposée à l’intérieur de ton appartement. J’ai écouté à ta porte. Tu respirais… très fort.
CÉCILE
(hésitante)
Respirer très fort ? Mais comment était cet homme ?
ANDREA
Je ne pourrais pas le décrire précisément, mais il y a une chose étrange… Il était habillé comme moi.
CÉCILE
Qu’as-tu fait ?
ANDREA
Je suis parti à sa poursuite. Je l’avais presque rattrapé, mais il a heurté le rétroviseur d’une voiture. Une voiture de police. Les policiers sont sortis… J’ai dû abandonner..
CÉCILE
(insistante)
Tu aurais dû le dénoncer !
ANDREA
(la coupant, avec gravité)
Je ne voulais pas me faire remarquer.
Un silence, Andréa hésite, Cécile attend.
ANDREA
je viens de sortir de prison, c’est une longue histoire mais c’est du passé.
Un silence suspendu. Cécile ouvre grand les yeux, figée.
CÉCILE
(Dans un murmure)
De prison ?
ANDREA
(doucement)
Cécile, je veux te revoir mais cette fois, sans que tu ne m’oublies.
CÉCILE
Tu viens de sortir de prison… et tu veux qu’on se voie ? Où ?
ANDREA
Je te le dirai mais avant il faut que je fasse quelque chose d’important. Laisse-moi un peu de temps.
Cécile réfléchit puis hoche lentement la tête.
ANDREA
Ne t’inquiète pas. Je ne te cacherai rien.
Andréa recule doucement et disparaît. Cécile reste sur son banc sous le coup de la stupeur et de l’émotion, perdue dans ses pensées. Elle finit par se retourner.