Dans le roman 1Q84 d’Aruki Murakami paru en 2009 – 2010, il y a deux lunes.
Dans le roman Prédation de Bruno Le Guen paru en 2007 , il y a deux soleils.



Dans le roman 1Q84 d’Aruki Murakami paru en 2009 – 2010, il y a deux lunes.
Dans le roman Prédation de Bruno Le Guen paru en 2007 , il y a deux soleils.



Depuis que j’ai écrit le roman Visions : Quand la Terre nous parlera, je constate que l’actualité se rapproche de plus en plus de ma fiction. Il m’a fallu une année entière de travail et d’innombrables heures de recherches scientifiques pour que ce récit soit dramatiquement proche d’une réalité en marche.
Récemment, je suis tombé par hasard sur un article intéressant. Il retrace le passé et esquisse un avenir plausible. Pourtant, Visions : Quand la Terre nous parlera va bien plus loin : la fiction y puise ses racines dans une réalité révolue pour mieux explorer la possibilité d’une répétition future.
Voir l’article : les Scientifiques Nous Avertissent qu’une Éruption Volcanique d’Ampleur est Imminente

L’homme qui a été mon grand-père combattait à Verdun, il a épousé une femme et ils ont donné naissance à ma mère qui a rencontré mon père, et je suis venu au monde, parce qu’un obus de 37 millimètres a refusé d’exploser à ses pieds. Cette munition démilitarisée se lègue de génération en génération, et elle ne va pas tarder à changer de main.
Quand je tiens cet obus, je ne peux m’empêcher de penser que la vie ne tient qu’à un fil et qu’un homme ne peut disparaître tant un autre homme le fait vivre dans ses souvenirs.
Vous, en lisant ces lignes, vous l’empêchez de mourir.
Vous retrouvez ce concept dans la littérature, par exemple 1984 de George Orwell, et dans mon roman Coucou la mort. Cet homme est dans mon livre mais il me semble que cette histoire n’y est pas.


Mettre cet objet au pied d’un TIMOR DEI de l’école de Cuzco est pour ma part une mise en scène appropriée. Ce calibre offrait une puissance suffisante pour soutenir l’infanterie sans nécessiter de lourdes pièces d’artillerie, il a été utilisé par les armées françaises et allemandes pendant la première guerre mondiale.
Je vois que Coucou la mort continue son chemin sur Amazon et c’est une belle aventure.
Une petite anecdote : je venais de terminer le chapitre consacré à la période de 1 à 10 ans, un grand moment d’écriture, une réussite reconnue. Plein d’enthousiasme, je me suis alors lancé dans celui couvrant la tranche de 10 à 20 ans. Fier de moi, je l’ai fait lire à mon censeur. Le verdict est tombé : c’était nul. Il s’en est suivi une période un peu tendue et il s’est avéré qu’elle avait raison. C’était mauvais et pourquoi c’était mauvais ? Parce que j’avais basculé dans l’autobiographie et ma petite vie n’intéresse personne.
Ce roman est pour vous, vous êtes le centre, vous êtes le héros, moi, je ne suis rien, je suis l’écrivain.
On ne peut pas fictionner un roman sur le parapente sans avoir la moindre connaissance du parapente. Coucou la mort n’est pas une autobiographie ; c’est une fiction biographique. Il est vrai que l’ayant croisé sur mon chemin pendant six décennies, l’écrivain que je suis a accumulé assez d’émotion pour appréhender ce vaste sujet.

Je dévoile certaines de ces habitudes à ceux qui ne la connaissent pas encore.
Ce roman fonctionne comme une trajectoire elliptique ascendante.
La mort jalonnera la vie du héros, décennie après décennie.
Elle forgera son expérience en interpellant ses différents niveaux de conscience.
Nous avons tout à perdre si nous ne vivons pas les expériences qu’elle nous impose.
Ce roman est en version française,
en version anglaise
et dans une version bilingue mêlant les deux langues.


Je reviens sur la souris qui rencontre un chat végétarien, le post précédent.
Lorsque j’ai lu ce passage 1Q84 deuxième livre, je me suis dit qu’il serait amusant de reprendre la balle au bond de ce concept de chance développé par Haruki Murakami. Je suis un écrivain d’anticipation, la fiction est mon domaine de prédilection, vous pouvez vous en assurer en lisant Vision ou Prédation, mais sur le coup, j’étais sec sur cette histoire de chat.
Alors je me suis mis au clavier et j’ai tapé le début de l’aventure de cette souris qui fait une mauvaise rencontre, bien qu’il faille laisser à penser qu’au début, elle avait eu de la chance. Je suis parti sur l’idée d’un coming-out félin et j’en ai été le premier surpris. L’écriture vient toute seule, je ne sais pas pourquoi, et cela se passe toujours ainsi. Alors si vous voulez écrire votre version de cette histoire de chat végétarien, mettez-vous à votre clavier et laissez-vous emporter par ce que vous voulez raconter.
Laissez moi votre version sur le blog.

Une nuit une souris entre dans une cuisine. À cette heure, elle pense qu’elle ne risque rien. Elle se dirige vers le garde-manger. Elle y distingue la masse sombre de deux paniers, et de l’un deux, dépasse des fanes de carottes. Elle se précipite vers les paniers quand tout à coup, l’un des paniers se rue sur elle et la plaque au sol avec une patte toute griffue. Elle se dit que mourir tuée par un panier de légumes serait une bien triste de mort. Le panier lui chuchota quelque chose à l’oreille. La masse sombre n’était qu’un chat, mais pas n’importe quel chat : un chat végétarien, et c’est pour les carottes qu’il était là.
Version originale page 115 et 116 1Q84 Livre 2 Haruki Murakami



Une aventure hors du commun, quand la fiction côtoie la réalité.
VISIONS QUAND LA TERRE NOUS PARLERA
Ce roman est en français, en anglais, version brochée ou en kindle.
Ce jour dans National Geographic :
Italie : près de Naples, un super volcan se réveille doucement. Si la probabilité d’une éruption volcanique est relativement faible, « le volcan a sa propre évolution, naturelle et inexorable, et tôt ou tard, il finira par entrer en éruption de nouveau. »

Le projet est né : transformer une rencontre à Albi en film, c’est un projet de longue haleine.

Pour ceux qui ont lu le livre, cette scène est au début de l’acte 1, pour les autres, vous pouvez acheter le roman sur ce lien : une rencontre à Albi
5. ACTE 1 – SCÈNE 2
6. INT. T-WINE – NUIT
Le bar est animé.
Rires, conversations, le tintement des verres, de la musique flotte dans l’air.
JULIE, JULIEN, LAURE, HERVE attablés, déjà bien installés. Ils lèvent les bras avec enthousiasme en l’apercevant.
Cécile esquisse un sourire et slalome entre les tables. Près du comptoir, un homme en noir, accoudé, un verre à la main. Regard fixe. Pensif.
INT. T-WINE – TABLE DES AMIS – NUIT
JULIE
Eh ben ! On n’y croyait plus. Tu as vu l’heure ?
CÉCILE
(avec un sourire crispé)
Vous savez bien que j’aime faire une entrée remarquée.
Elle enlève son manteau et s’installe.
Son regard balaye brièvement la salle.
Julie lui tend un verre de vin.
JULIE
Allez, trinque avec nous, ça te fera du bien.
Cécile hésite, puis lève son verre.
CÉCILE
À quoi trinquons-nous ?
JULIE
À la vie, à l’amour… et à toi qui te bouges enfin le cul !
Tout le monde rit. Cécile esquisse un sourire, un peu crispé.
Elle boit une gorgée et scanne discrètement la pièce.
JULIEN
C’est bien d’être venue, tu es plutôt rare en ce moment.
Elle baisse brièvement les yeux. Son sourire reste de façade.
La soirée bat son plein.
Les verres s’entrechoquent, les rires explosent.
Julie, exubérante. Laure et Julien, bons vivants.
Hervé, en retrait.
Cécile, elle, boit plus que de raison.
On lui remplit son verre, elle boit, puis en redemande.
HERVÉ
S’il vous plaît, s’il vous plaît
Une serveuse s’approche de la table,
Hervé tient la bouteille vide.
HERVÉ
(en regardant Cécile)
La même chose, s’il vous plaît
Cécile sourit vaguement.
Ses yeux vagabondent…
Son regard se pose sur un homme assis seul au bar.
Andréa, barbe de quelques jours, manteau négligemment posé sur un siège. Il joue distraitement avec son verre, l’air absent.
Julie suit le regard de Cécile et sourit en coin.
JULIE
(sous-entendu)
Alors… intéressant, non ?
CÉCILE
(interrogative)
Quoi ?
Julie regarde ostensiblement Andréa.
Cécile suit son regard et comprend alors sa question.
L’homme croise brièvement son regard.
Ne prête aucune attention à Julie.
Un sourire discret, puis il baisse les yeux.
JULIE
Bon, il est seul. Tu es seule. Pas besoin d’être Einstein.
Cécile inspire profondément.
Elle reste immobile. Troublée. Agacée.
LAURE
(Laure vient de comprendre la situation et glisse à Cécile)
Si tu n’y vas pas, je vais le faire pour toi.
Tout le monde éclate de rire.
Julien rit fort.
Cécile boit cul sec son verre.
Elle fixe ses amis avec un regard provocateur.
Puis, elle se lève brusquement.
CÉCILE
(Hervé fait mine de vouloir la retenir)
OK, je vais dire bonsoir. Juste pour que vous me lâchiez.
Une vingtaine de ‘Vampirou’ sont disponibles à la vente, vous pouvez en demander un en laissant un message sur le blog : brunoleguen.com

Il a vivé longtemps avant d’être mouru, tu veux que je mourisse ? je l’ai li dans un livre que Mamie m’a offri mais ça a prendu du temps.
j’aurais pu m’inspirer de ces textes quand j’ai écrit le premier chapitre de coucou la mort de 1 à 10 ans.
Tout a commencé par une partie de foot.
– Et Jean, tu vas où ?
– T’inquiète, j’ai soif, jouez sans moi les gars, je reviens.
Et ce jour-là, un jour pas comme les autres, je ne suis pas revenu.
Je déboulais dans la cuisine pour chercher mon pain farci de beurre salé et de gros morceaux de chocolat noir, sans oublier la bouteille d’eau gazeuse que je buvais sans même penser à déglutir, tellement le ballon rond m’avait assoiffé. Je lançais quand même, la bouche pleine, pour ne pas perdre trop de temps, un sonore « bonjour P’Pa », à mon père que je n’avais pas vu ce matin. Effectivement, ce matin je ne l’avais pas vu et je ne m’étais pas posé de question. Comme il ne me répondit pas, j’ai pris le temps de le regarder et mon monde vacilla. Je n’avais encore jamais vu cela, c’était impensable : mon père pleurait.
Ma course fut stoppée net. Ma mère pleurait également, mais je savais que c’était possible, je l’avais déjà vue pleurer en plusieurs circonstances sans pour autant que cela soit grave. Un peu ennuyeux quand même, mais bon, c’est ma mère ; là c’était mon père qui pleurait. Il affichait un visage déconfit, ravagé, les yeux rougis.
Je ne pus que bredouiller quelques mots et lui aussi. C’est maman qui parla, car elle savait parler en pleurant, les hommes visiblement ne le savaient pas. Je l’apprendrai beaucoup plus tard que les hommes ne savent pas parler en pleurant.
– Jean, ta mamie est morte ce matin, me dit-elle.
Je répétais dans ma tête « mamie est morte ce matin. » Mémé, c’était la mère de ma mère et pépé, le père de ma mère. Pépé comme papy étaient morts depuis longtemps et j’étais trop jeune. Une fois par an, maman pleurait quand elle allait voir pépé ; nous allions dans un cimetière d’un petit village perdu de l’Eure y déposer ses larmes et des fleurs. Il n’y avait qu’elle qui pleurait, nous on s’ennuyait et papa aussi d’ailleurs, il restait les yeux secs, mais digne, le regard grave et compatissant. Pépé faisait partie du folklore, nous n’avions de lui que des souvenirs rapportés. Pépé était un homme bien, car il m’avait sauvé d’une sournoise attaque de fourmis alors que je jouais aux petits soldats. « Des toumis, des toumis ! » criais-je, il m’avait pris dans ses bras pour me protéger de leurs morsures. Pépé avait aussi fait la guerre, la grande, pas la petite ; l’obus démilitarisé qui trônait dans le salon, c’était à lui. Il était tombé à ses pieds sans éclater et nous devions le regarder avec respect, car s’il avait éclaté, plus de pépé, pas de maman, pas de moi. Nous les enfants, nous étions friands de ces anecdotes. Il était gendarme et attachait les pièces de monnaie percées de son temps à un fil de pêche transparent pour piéger les badauds qui voulaient s’en saisir. Les passants se trouvaient fort désappointés, pièce en main, face à son képi et ses yeux noirs. Il se permettait d’entrer dans une boucherie en uniforme pour demander si la bouchère avait des pieds de cochon et quand elle répondait par l’affirmative, il lui rétorquait très sérieusement qu’il ne l’avait pas remarqué en entrant. Pour nous la mort, c’était rire aux prouesses de notre grand-père.
Cet homme était si vivant de son vivant qu’il vivait toujours dans les réunions familiales et dans nos crânes d’enfants. Est-ce cela le rôle de la mort, instituer l’immortalité de nos proches dans la joie, le rire et la nostalgie pour certains, avec la tristesse rituelle de la Toussaint, car en dehors de la Toussaint, personne ne pleurait. Cet homme était si célèbre dans sa mort qu’il n’y avait plus de place pour papy, le père de mon père, qui passait totalement inaperçu, comme s’il n’avait vécu que modérément, alors je me disais qu’il devait y avoir des gens qui mouraient un peu plus que d’autres.

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